Les écoles françaises parmi les plus inégales du monde

La France reste l’un des systèmes éducatifs les plus inégaux du monde, selon les nouveaux classements internationaux, avec des enfants issus de milieux défavorisés moins susceptibles de réussir.

Le mot égalité est gravé sur la porte de toutes les écoles de France (avec liberté et fraternité), mais dans la pratique, il semble que l’égalité n’existe pas dans les classes françaises.

Le dernier classement mondial de l’éducation établi par le groupe de réflexion PISA de l’OCDE, basé à Paris, place la France légèrement au-dessus de la moyenne générale de l’OCDE – mais l’un des pires au monde en matière d’égalité.

Avec un écart de 107 points entre les élèves issus d’un milieu aisé et ceux issus d’un milieu défavorisé par rapport à la moyenne de l’OCDE (87), seuls Israël et le Luxembourg se classent en queue de peloton en matière d’inégalités.

Et ce n’est pas la première fois que ce problème est mis en évidence, la scolarisation française est mal classée sur le plan de l’égalité tant dans les rapports 2016 que 2013 du PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

En France, les élèves issus de milieux défavorisés sont cinq fois plus susceptibles d’avoir des difficultés en lecture et sont beaucoup moins susceptibles de poursuivre leurs études après 18 ans, même s’ils obtiennent de bons résultats.

Le score se compare mal à celui du Royaume-Uni, dont la population est assez comparable à celle de la France, mais qui obtient des scores beaucoup plus élevés en matière d’égalité.

« La France a une place honorable, mais le grand point noir reste les inégalités sociales de performance », déclare Eric Charbonnier, analyste à l’OCDE spécialisé dans l’éducation.

Il a ajouté que des efforts ont été faits, mais qu’il est encore trop tôt pour en mesurer les effets.

« Les premiers élèves à avoir bénéficié de la priorité donnée à l’enseignement primaire et à la création de nouveaux postes d’enseignants, sous la direction de François Hollande, ne seront testés par PISA que lorsqu’ils seront devenus lycéens… pour l’édition 2024 ».

Le rapport PISA fait également état de mauvais résultats dans la formation des élèves et suggère que la France doit investir davantage dans la formation de ses enseignants, à la fois dans l’enseignement des matières fondamentales comme la lecture et les mathématiques et dans le maintien de l’ordre.

D’une manière générale, « les pays les plus performants de PISA sont ceux qui investissent massivement dans la mise à niveau de la profession enseignante et dans la formation », ajoute Eric Charbonnier.

Depuis son accession à la présidence en 2017, Emmanuel Macron s’est également efforcé d’améliorer le système éducatif en mettant en œuvre une réforme majeure connue sous le nom de Loi Blanquer, du nom du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer.

Parmi les réformes figurent des mesures visant à lutter contre les inégalités, telles que l’abaissement à trois ans de l’âge de la scolarité obligatoire en France.

Bien que, dans la pratique, la plupart des parents aient profité du système – gratuit – d’école maternelle pour les enfants de trois à six ans, le taux de fréquentation a été plus faible dans les zones les plus défavorisées.

Les ministres espèrent que l’âge d’entrée à l’école élémentaire sera le même pour tous les enfants lorsqu’ils commenceront à fréquenter l’école élémentaire à l’âge de cinq ou six ans, et qu’ils seront sur un pied d’égalité.

Les réformes suggèrent également une formation supplémentaire pour les enseignants et la création d’un nouvel organisme d’inspection pour les écoles, bien que d’autres éléments de la réforme, tels que la proposition de fusionner les écoles primaires et secondaires en une seule équipe de direction, aient incité les enseignants à faire grève plus tôt cette année.